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Néantitude,
qui se donne à voir en effleurant d’un clic souris l’intitulé d’une rubrique présentée ci- dessous:
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La reine déchue
coupe des fiançailles de Marie Stuart et François II
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Fin
Ma terre se meurt sous l’eau amère. Les mots languissent jusqu’à flétrissure. Sur ma gorge appesantie une dalle noire et froide, et l’étincelle faiblit. Au jardin des mots, une blessure d’amour coule sa noirceur. Et le désir devient aphone. Le ciel de l'Afrique ne frémit plus sous l’envol des flamants roses. Elle me tait. L’absence. Celle qui me nie jusqu’à la moelle, celle qui troue ma parole, m’efface du miroir …
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Le goût du métal
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Delete
Elle est mon Amérique à moi... doux poème serti dans l’estran qui m’efface il ne reste que le blanc - le blanc immense de ma douleur qui . delete delete . . ne s’efface pas… |
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Blogue en jachère
![]() oeuvre tirée de Imaginaire Le dire imaginaire se meut sous la plume comme un dieu aux multiples visages. Il trace son sillon dans la terre que nous lui avons préparée. Ainsi il vague une forme tantôt sauvage ou disciplinée, tantôt raison ou folie, selon notre volonté ou notre intuition… Ma plume caméléon s’enlise dans les marais du plaire, elle en oublie le dire originel, le visage authentique de ce qui se donne à voir de l’autre côté du miroir, l’Imaginaire. A vouloir le beau comme tel ou tel autre, je ne me suffis plus, je m’éclate en parcelles, je m’éloigne du soi…Dans l’entre-deux-rives, il s’est créé une césure, une fêlure, comme un dérapage dans l’authenticité… Je me sens écrire pour suivre le rythme d’un blog, pour offrir de l’agréable aux yeux de virtuels voyageurs, pour infléchir à souhait la courbe du compteur… C’est mon travers, c’est ma faille…Ma nature me pousse à séduire. On ne naît pas impunément sous les auspices de la constellation de la Balance… Aujourd’hui, je mets mon blogue en jachère… J’ai tardé à poser ces mots, et déjà le froid de l’absence me couvre de son aile, et l’envie d’écrire ici des textes à foison me vient tout à coup, comme un geste rebelle, un dernier cri, avant le silence… Je continuerai d’écrire pour Coïtus Impromptus – un texte par semaine, si le titre inspire mon chant imaginaire-, j’ai créé une nouvelle catégorie à cet effet… Comme un exercice de texte à contrainte qui m’oblige à creuser des pistes nouvelles. D’une écriture insoumise, oui, j’ai l'envie… Comme un pont reliant l’un et l’autre côté de l’entre-deux-rives, l’Imaginaire ouvert en un monde, qui est mien... |
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Une nuit chaude à Tombouctou 1
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Le lit japonais.
Regarde-moi, lui dit-il, fais-moi l’amour avec tes yeux, les paupières ouvertes sur la nuit sauvage de tes pupilles de moire. Lorsque L. s’éveille des fatigues de l’amour, elle découvre le vide de son absence. Sur l’oreiller repose une orchidée pourpre, dernier mot tendre d’une rencontre dont l’histoire se termine à la lumière du jour. L. ne revit plus son amant. De lit japonais, elle n’en eut jamais. Mais son regard avait acquis une étrangéïté qui décontenançait quelques fois les hommes, comme une statue vacille sur un sol amolli tout à coup. |
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Nuit chaude à Tombouctou
![]() Artémia se mit en route après le dernier chant du muezzin. D’un seul coup, la nuit était tombée, lourde paupière d’un ciel fatigué. Comme embaume l’oliban, quand le portent des vents languissants! Ici et là, s’élève le chant du pilon cognant le mortier de cuivre, ivre des senteurs de henné et du girofle odorant. Ce soir, les femmes seront belles et les alcôves frissonneront encore sous le doux gémissement des amants. Artémia soupira. Son objectif était tout autre. Elle devait se rendre chez Sâdi l’Ancien, le bibliothécaire. Dans le cadre de sa mission auprès de l’UNESCO, elle était à la recherche de vieux manuscrits relatant l’histoire de civilisations anciennes de l’Afrique. Et Tombouctou – celle que l’on nomme "la mystérieuse" - regorgeait de ces traces antiques. Il y a deux mois, Sâdi l’Ancien avait contacté un ami érudit à Fez. Il avait déniché - disait-il- une carte authentique datant du XIVème siècle, dessinée par l’architecte-poète andalou Es Sahéli. Elle indiquait avec précision l’emplacement du royaume de la Reine de Saba. Il y avait là de quoi mettre en émoi tous les chercheurs en archéologie mais également tous les chercheurs de trésors perdus. C’est pourquoi Sâdi l’Ancien voulait que son ami l’examine de son œil d’expert. Il se sentait en danger – sans préciser la nature de la menace- et demandait à son ami d’agir avec la plus grande discrétion. Artémia avait été mandatée pour mettre en lieu sûr le précieux document. Afin de passer inaperçue dans la foule, elle avait revêtue une longue tunique de satin jaune tendre et un voile bleu recouvrait son épaisse chevelure aux bruns flamboyants. Dans le reflet d’un cuivre étincelant, Artémia se sentit belle, l’instant est fugace… Au détour d’une étroite ruelle, elle était arrivée au lieu du rendez-vous. C’est vrai que les portes sont belles à Tombouctou, se dit-elle admirative. Quatre rangs d’enluminures argentées ornaient la porte en bois brun, comme les quadrilatères symboliques du monde terrestre, le tout était enchâssé dans une enluminure de vert émeraude. Aussi belle que le portail d’un vieux coran manuscrit. Artémia sourit. C’était bien là une demeure de bibliothécaire. La porte était entrebâillée. Surprise, Artémia pénètre dans le corridor et se retrouve dans une cour intérieure. Au centre, il y avait une fontaine en mosaïque bleue, entourée d’un parterre de roses aux nuances d’opale. Sur les côtés, s’alignent plusieurs pièces s’ouvrant sur l’une ou l’autre activité de la maisonnée. Une seule pièce est illuminée et c’est là qu’Artémia dirige ses pas. Un sombre pressentiment l’étreint. Quelque chose ne tourne pas rond. Ce silence… Cette porte entrouverte… Ce n’est pas normal. Artémia entre dans la pièce: elle se trouve dans un bureau. Un choc. Son pied droit vient de heurter quelque chose. Là, derrière le divan au velours carmin, un corps est allongé. Sur le sol, près de la poitrine, un peu de sang s’écoule… Sâdi l’Ancien vient d’être poignardé ! Artémia se penche et constate que l’homme est mort, il y a peu de temps. Son corps est encore chaud. Artémia sent la peur glacer ses veines. La quête du parchemin devient dangereuse et elle doit se méfier. Sâdi l’Ancien lui avait dit qu’en cas de danger, elle devrait chercher le parchemin au dos du livre les « Rubayt » d’Omar Khayyam. Artémia contemple la bibliothèque luxueuse couvrant tout un pan de mur. D’un lent regard circulaire, elle scrute la pièce. A droite, un secrétaire en bois d’acajou. La porte est forcée. Sûrement le meurtrier, qui recherche la même chose qu’elle. Soudain, sur la troisième planche de la bibliothèque, elle aperçoit un livre couché sous un pendule à mouvement perpétuel. Celui qu’elle recherche peut-être ? Oui, c’est le bon livre. Artémia l’ouvre, touche l’envers de la couverture, elle y sent une légère enflure. Délicatement, elle décolle le renfort qui protège les angles et le corps du livre se détache sans difficulté. Voilà le parchemin ! Artémia s’en saisit aussitôt et le glisse dans un tube de protection qu’elle avait apporté avec elle. Un bruit de poterie qui se brise. Artémia se retourne juste à temps pour voir un individu s’élancer sur elle. L’éclat métallique qui brille à son poing ne laisse aucun doute sur ses intentions. Sans réfléchir, Artémis sort son luger et tire un coup de feu, blessant l’agresseur à la jambe gauche. Il s’écroule, son visage grimaçant de douleur. Le coup de feu semble avoir réveillé la maisonnée, des voix inquiètes fusent çà et là. Artémia n’a qu’une envie : s’enfuir avec le précieux document. Elle traverse la cour, haletante, pestant contre la longueur de sa robe qui l’entrave. Au passage, heurte une domestique, qui se met à hurler Au voleur ! La panique est générale. Artémia en profite pour se couler dans l’ombre propice des ruelles et rejoint sans encombre, la demeure du directeur de la bibliothèque andalouse, son ami et allié dans cette affaire. Sous la douche, elle réfléchissait sur les commanditaires possibles liés à l’agression de Sâdi l’Ancien. Peut-être son hôte lui indiquera-t-il quelques pistes à suivre. Sous les coulées de savonnée onctueuse, Artémia commence à se détendre. Elle fut chaude, cette nuit à Tombouctou, pensa-t-elle. Elle soupire d’aise à l’idée de regagner Bamako demain. Son fiancé l’attendait à l’hôtel Liberty. De belles nuits chaudes en perspective, murmura-t-elle, un sourire sur les lèvres… |
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