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Nouvelle adresse
Tant qu'à me faire chier avec la nouvelle plate-forme, je vais aller m'installer en France, à cette adresse simplifiée: http://www.20six.fr/lexie
Est-ce que tout le monde a survécu ?
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En plus de la pop arabe de mon voisin
Sur le pont La file de chars Est tellement longue Qu'elle a un bruit Genre subsonique Genre raz-de-marée Tout le monde mange Et dans un arbre Il y a un oiseau Son chant ressemble À un couteau Qui râcle Une assiète Et j'entends Des sirènes Qui chantent Inlassablement
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La sérénité

C’était épouvantable, on s’est réveillés trempés et transis, il faisait pas si froid mais la chaleur était tombée subitement, sans parler de la pluie — des cordes — glaciale, raide, une vraie douche, j'étais en furie, Raphaël avait juste une méchante gueule de bois et plus de réflexes, il partageait aucunement mon agitation et ma frustration, à la limite je pense que ça l’amusait un peu, il avait plus de forces, plus d’équilibre, ça lui a pris quelques minutes à se réveiller, à se cacher le visage, les premières gouttes d’eau l’ont fait sourire de satisfaction, puis finalement il s’est redressé, recroquevillé plus creux dans notre petit portique rectangulaire, dans la poussière devenue de la boue. Il me fixait avec ses yeux malades, tous mouillés, rouges, il avait des cernes incroyables, on aurait dit des ecchymoses, incroyables, pires que d’habitude; il fixait dans un coin sa bouteille qui gisait sur le béton, il restait une grosse gorgée dans le fond, il l’a tirée vers lui, débouchée et vidée, c’était dégueulasse. De l’eau brune lui coulait dans le front, la pluie le frappait sans qu’il cherche à se protéger, j'en revenais putain, il y a une limite à se sentir en harmonie avec la nature. Il fallait que je me terre, au plus vite, je me débattais, je fouillais dans mon sac à la recherche de mon imperméable en blasphémant, tout allait être mouillé bord en bord, mes vêtements, ma drogue, mon tabac, mes petites boîtes de métal étaient pas étanches; certains trucs que j’avais notés seraient carrément détruits, je traînais un de tes livres, lui aussi serait détruit. J’ai dit à Raphe de se lever, on allait chez un de mes amis, il avait un café, je l’avais pas écoeuré depuis un bout, il serait content de me voir, en plus là c’était une urgence, c’était l’apocalypse, je voulais mourir : je sais que je dis tout le temps ça, mais j’étais dans une rage jamais vue, unique — même si pendant qu’elles ont lieu j’entrevois déjà le moment où le passage des heures les auras aplanies, les crises durent ce qu’elles doivent physiquement durer, puis un moment donné la pression chute, c’est fini, je respire plus, j’entends plus rien, soudain je cesse de détester tout ce qui me touche, je recommence à m’en contrefoutre et à me trouver trop stupide, à répéter tes principes bouddhistes : rien n’est moi et tout passe et tout se décompose toujours, et je te jure ça fait presque son effet. ffice ffice" />
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LA PENSÉE MAGIQUE
À chaque fois que je reviens à pied D'un quelconque débit de boisson Je rêve de dédier des vers Au psychopathe qui finirait par me tuer Je pense à lui et mon coeur se soulève Mon visage de saoulonne sourit Et ma démarche ne révèle aucune peur À chaque pas son absence me réjouit Je l'imagine soit terré contre un mur de briques Pestant contre son manque de courage Ou abandonné devant Un film de cul brouillé À SuperÉcran
Parfois je suis tellement saoule Que je perds toute peur C'est la que j'ai la certitude La plus nette Qu'il n'existe pas
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Lu dans un article
Je révise et je tombe sur des méchantes perles.
"Il ne faut pas oublier que les Américains n’ont pas de 1er juillet en tant que tel."
Ben oui, j'allais oublier.
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POURQUOI JE MANGE MA PEAU (ou "Les choses")
Ce placard est rempli d'objets Qui suitent d'une charge désuete D'émotions et de modes de respirer Et qui quelque fois sont amoureusement cordés et alignés par les mains de plus en plus soyeuses De ma mère Je me rappelle avec quelle ferveur J'ai déjà refusé Qu'on en déplace un seul
Ce soir le plus vite possible j'enfouirais tout Sans même regarder dans les yeux Toutes ses patentes portant la fièrté de leur âge Bavant de laideur et de vanité Tirant du vague souvenir d'avoir été chéries Une impression d'éternité
J'hallumerais mon placard et je brulerais tout Ce qui n'a pas la pure théâtralité de mon souvenir Ça se résume à quelque peluches que j'étreindrais encore Avec le même bonheu larmoyant Mais surtout Je détruirais les petits cahiers à cadenas Je les avalerais si c'était possible J'en remâcherais toutes les pages Ainsi tous les mots pourraient redevenir De la boue
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Update plate
Tantôt en marchant sur la rue j'ai eu droit à un fulgurant dix minutes de bonheur : j'ai même fait un gros sourire à une dame qui a failli me heurter avec sa voiture.
Là c'est passé.
En fin de semaine je suis descendue en Estrie voir ma famille et mes vieux copains. On est allés veiller et j'ai pu leur prouver que j'ai pas changé une seconde depuis mon départ dans la grande ville et ce, en m'étendant de tout mon long sur le plancher du bar après m'être plantée dans une chaise, et ce devant pas mal trop de gens que je connaissais pas. Analyse de mon amie Ari: " Moi je te connais bien, fait que quand je t'ai vue à terre, je me suis même pas posée de questions... Mais j'avoue que pour un inconnu, c'est quand même un évènement assez spécial... " À moins qu'a l'aille dit : "particulier".
Un moment fort de la fin de semaine c'est quand mon petit frère m'a fait monter dans son coupé sport pour m'emmener dîner dans un authentique casse-croûte de rang où j'ai englouti un repas trop cochon et trop dégouliant pour cinq dollars. Comme ré-immersion dans le monde rural vraiment on pouvait pas faire mieux. Ça faisait longtemps que j'avais pas vu de naperons en papier ornés de cartes d'affaires de concessionaires Jonh Deere et du salon de coiffure chez Colette.
Le docteur m'a — encore ! — offert des anti-dépresseurs — des inhibiteurs sélectifs — pour rajuster ma chimie émotive. Du Paxil ? Oui, genre. Mais pour moi précisément il pensait à un truc qui agit sur le déficit d'attention et sur le trouble panique. J'ai dit non merci.
Je commence à être travaillée pas mal fort par l'idée d'arrêter de fumer. Je sais pas si ne tappant ça je nuis au complexe processus de préparation mentale préalable à la prise d'une telle décision. Mais bon. Je veux reconquérir mon cerveau. Je suis vraiment trop bien en vacances mais je commence à me sentir comme une grosse algue verte-brune comme on en voit présentement proliférer à la surface des étangs stagnants nés de la dernière fonte des neiges. C'est pas une méchante sensation en soi, mais je suis tannée d'être grazévisqueuze. En fait j'ai comme plein de désirs étranges et douteux : fumer moins, manger mieux, marcher plus, maigrir. Ça va être plate ici-dedans d'ici quelques semaines, quoique ça l'est déjà en masse.
Cette année ma fête tombe en même temps que le jour des Patriotes. Je trouve ça tellement plus chouette qu'en même temps que la fête de Dollar et de la Reine...
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